Amazon France débute ce 6 juin la commercialisation en précommande des enceintes connectées Echo, qui seront expédiées le 13 juin, équipées de son assistant intelligent Alexa.

Il sera possible de faire des achats sur Amazon.fr, entre autres multiples services.

Fin du suspense. Amazon avait, comme à son habitude, gardé secrète la date de lancement dans l’Hexagone de son assistant intelligent Alexa et de ses enceintes connectées Echo. C’est aujourd’hui chose faite, juste à temps pour voler la politesse à Apple, qui lance son HomePod en France le 18 juin. Trois modèles d’Echo sont en pré-commande depuis ce mercredi 6 juin, à moitié prix pendant dix jours pour leur lancement, et seront expédiés à partir du 13 juin. Echo, le device d’origine, est à 49,99€ au lieu de 99,99€. Sa version réduite Echo Dot, à 29,99€ au lieu de 59,99€. Et sa déclinaison avec écran, Echo Spot, à 64,99€ au lieu de 129,99€. Ces trois modèles sont en vente sur Amazon.fr mais aussi sur le site et dans 140 magasins Boulanger, qui lance son propre haut-parleur connecté, Virtuoz, intégrant Alexa. Les futurs propriétaires de ces devices n’auront qu’à les connecter au wifi de leur domicile et à leur compte Amazon, depuis lequel ils finaliseront le paramétrage. « Alexa arrive en France en ayant été entièrement repensée pour la France, avec notamment une nouvelle voix française, une aide en français, des connaissances locales et plusieurs centaines de Skills imaginées pour la France par des développeurs », indique la firme dans un communiqué.

L’E-COMMERCE AU COEUR DU SERVICE

Même s’il n’est pas mentionné dans le communiqué de presse d’Amazon, l’e-commerce fait partie des fonctionnalités déployées en France, a confirmé la firme à LSA. A partir du 13 juin, la fonctionnalité d’achat sur Amazon.fr sera disponible pour les membres Prime. Les abonnés au programme de fidélité de l’e-marchand, qui inclut notamment des livraisons rapides illimitées, auront la possibilité de commander par la voix des produits (éligibles Prime) qu’ils ont déjà commandés sur mobile ou desktop par le passé. Une fonction d’achat (pour l’instant) limitée au réapprovisionnement afin de faciliter la navigation vocale : Alexa peut ainsi se contenter de mettre au panier une référence déjà connue sans avoir à présenter plusieurs articles, ce qui pose généralement peu de problèmes dans l’univers des PGC que vise tout particulièrement le service. Concrètement, Alexa permettra de remplir un panier au fil de l’eau, mais le paiement devra être effectué dans un second temps, sur l’app ou le site d’Amazon, le temps que soit mis au point un système d’authentification vocal. Au début en tous cas, la fonction d’achat vocal ne permettra pas de commander sur Prime Now, précise Amazon à LSA.

Des centaines de skills et de multiples partenariats

Pour son lancement français, Alexa débarque aussi avec une myriade d’applications vocales (des « skills », dans le vocabulaire Amazon) dans la langue de Molière, créées par des centaines de développeurs tiers. Toutes les fonctions de base sont présentes. Alexa sait répondre à  des questions de culture générale, jouer de la musique, donner les prévisions météo, envoyer des messages ou passer des appels… Amazon également a étendu et conclu des partenariats avec des sociétés extérieures, pour que les vocanautes français puissent demander à Alexa de déclamer les actualités (France Info, Le Figaro, 20 minutes, Le Parisien, Les Échos, France Inter, L’Équipe, RMC Sport), piloter les systèmes domotiques (de Philips Hue, Netatmo, Legrand, TP-Link, Tado…), jouer de la musique (Deezer, Spotify, Qobuz, Amazon Music Unlimited), appeler un Uber ou encore demander une recette à Marmiton. L’écran d’Echo Spot permet aussi de visualiser « les images des caméras de la maison depuis la chambre du bébé ou de voir qui sonne à la porte, grâce aux skills et appareils connectés des marques Arlo, Logitech, Ring, Blink… » Au total, plus de 200 skills tiers sont déjà disponibles en français, développés grâce à l’Alexa Skills Kit dont Amazon officialise le lancement. Parmi les skills notables, on retient également ceux de commande de pizza d’Domino’s Pizza, de consultation des films à l’affiche d’Allociné, de consultation des horaires de train de Oui.sncf ou de statut de son vol Air France. De plus, une fonctionnalité « Routines » permet d’automatiser une suite d’actions personnalisées : dire « Alexa, bonne journée » peut suffire à conduire Alexa à éteindre les lumières et à indiquer le trafic du trajet quotidien de l’utilisateur, qui peut aussi programmer la fonction pour tous les jours de semaine à 8h.

Amazon annonce enfin le lancement, le 7 juin, de son service de streaming musical Prime Music. « Les membres Prime peuvent désormais écouter jusqu’à 40 heures de musique dans le cadre de leur abonnement Prime, parmi un catalogue de plus de deux millions de chansons, en ligne et hors ligne sur leurs appareils mobiles, tablettes, Fire TV, navigateurs Web et appareils compatibles Alexa, sans publicité ni frais supplémentaires. »

Un marché en plein boom

Le chiffre d’affaires généré par le commerce vocal pourrait atteindre 40 milliards de dollars dans le monde d’ici 2022, contre 2 milliards aujourd’hui, selon une étude du cabinet OC&C Strategy Consultants diffusée le 28 février. Pour l’instant, le gros des ventes est réalisé sur Amazon Alexa et Google Assistant aux Etats-Unis, et les trois catégories qui ont le plus de succès sont les produits d’épicerie (20% du chiffre d’affaires total du commerce vocal), le divertissement (19%), l’électronique (17%) et le vêtement (8%).

Aux Etats-Unis, où Alexa et Echo ont vu le jour fin 2014, Amazon dispose aujourd’hui de huit modèles différents de son haut-parleur connecté et eMarketer estime à 70% sa part de marché. L’Américain a lancé Alexa et certains modèles d’Echo au Royaume-Uni et en Allemagne en septembre et octobre 2016 respectivement, en Inde en octobre 2017 et au Japon un mois plus tard. Mais en France, Google lui a coupé l’herbe sous le pied en lançant dès août 2017 son enceinte Google Home, déclinée depuis l’automne dans deux autres versions. Les campagnes publicitaires s’étaient alors enchaînées pour pousser le device dans un maximum de foyers français à l’occasion de Noël, avant l’arrivée de son grand rival. Quant au HomePod d’Apple, également attendu pour cette année dans l’Hexagone, il inquiète sans doute peu Amazon. Commercialisé 350 dollars quand les Echo s’échelonnent entre 35 et 230 dollars, il ne permet pas de passer des commandes de produits. C’est donc pour combler son (petit ?) retard pris sur Google Home en France que l’e-commerçant devrait maintenant mettre les bouchées doubles.

Alexa, axe de croissance central d’Amazon

Il faut dire que le commerce vocal tient une place de choix dans la stratégie de la firme de Seattle. Déjà en 2016, les analystes de la société d’investissement Mizuho estimaient qu’Echo et Alexa apporteraient 11 milliards de dollars à leur créateur dès 2020 : 4 milliards de ventes de hauts-parleurs et 7 milliards d’achats réalisés par ce canal. Ce n’est pas le PDG Jeff Bezos qui les a détrompés. 5000 salariés d’Amazon travaillaient déjà sur Alexa en septembre 2017 et leurs effectifs ont encore augmenté depuis. « Nos projections 2017 pour Alexa étaient très optimistes et nous les avons largement dépassées, commentait ainsi Jeff Bezos le 1er février 2018. Nous n’avons pas si souvent de bonnes surprises de cette ampleur, donc attendez-vous à ce que nous doublions la mise. »

Source : LSA-Conso
Par : FLORE FAUCONNIER

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