Après s’être fortement engagé autour de thématique comme le bio, la lutte contre les OGM, le développement du sans antibiotique et sans pesticide, Carrefour entend promouvoir les fruits et légumes issus de semences paysannes. Voici pourquoi et comment.

 

 

Un diner « interdit » à la Fondation Good Planet. C’est via cette invitation mystérieuse et dans ce lieu symbolique –la fondation a été créée par Yann Arthus Bertrand- que Noël Prioux, directeur de Carrefour France a présenté en avant-première le 19 septembre « son nouveau combat pour la qualité alimentaire et la biodiversité ». Après avoir été précurseur dans bien des domaines comme les OGM, le bio, le sans antibiotique ou le sans pesticide, le distributeur a décidé de s’engager cette fois dans la promotion et le développement de fruits et légumes bio issus de semences paysannes. A savoir, une définition s’impose pour les néophytes, des semences que les agriculteurs sélectionnent eux-mêmes et cultivent d’une année sur l’autre en fonction du climat et du sol, contribuant ainsi à assurer le maintien de la biodiversité agricole. Loin donc de l’offre des gros semenciers de type Monsanto, plus standardisée, plus résistante aux transports mais aussi plus demandeuse en pesticides. « La législation interdit aujourd’hui le commerce de semences de plus de 2 millions de variétés de fruits et légumes de variétés paysannes pour la simple raison qu’elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des semences autorisées. Or pourtant ces variétés sont riches en nutriments et nous permettent de découvrir de nouveaux goûts et de consommer plus de fruits et légumes. Ce n’est pas normal, il faut que cela change », a lancé Noël Prioux.

 

Objectif 1 000 tonnes d’ici 5 ans

 

Aussi, à partir du 20 septembre, une quarantaine de magasins franciliens et bretons commercialisera une offre baptisée « Le Marché interdit », soit une dizaine d’espèces de fruits et légumes issus donc de semences paysannes comme par exemple ces oignons roses d’Armorique, ces artichauts Camus du Léon, ces tomates Kanevedeen ou ces butternut Kouign Amann….une liste qui variera au fil des saisons. « Sur la première année, 50 tonnes de fruits et légumes seront commercialisés avec un objectif de 1 000 tonnes d’ici à 5 ans. Avec la volonté de construire progressivement une filière pérenne de variétés paysannes », souligne Noël Prioux. Pour ce faire, un partenariat a été signé avec deux groupements de producteurs bretons (Kaol Kozh et APFLBB ) qui prévoit un accord contractuel sur 5 ans et une engagement ferme sur les volumes et sur les prix. Avec en toile de fond, l’ambition plus grande donc de faire changer la loi. Deux évolutions majeures sont attendues : simplifier la loi pour permettre aux petits paysans de commercialiser en circuit court leurs semences librement reproductibles et ouvrir le catalogue officiel à ces semences paysannes afin de permettre une commercialisation plus large auprès de tous les consommateurs. Pour soutenir sa démarche, Carrefour en appelle au soutien du grand public et ouvre à partir de ce 20 septembre une pétition en ligne sur carrefour.fr et change.org.  En magasins, un dispositif d’information sera également mis en place (photos à découvrir dans la journée). Une initiative qui devrait faire parler d’elle en plein débat sur les Etats Généraux.

 

Source : LSA

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