Chronopost Fresh, le nouveau service de livraison de produits frais et surgelés, monte en puissance. Il couvrira toute la France avant l’été 2016. La filiale du groupe La Poste veut prendre de l’avance sur un marché qu’elle estime, d’ici 2020, à 100.000 colis par jour.

Chronopost_Caisse-C-REA-2015

Chronopost Fresh a officiellement été lancé en mai 2015, avec une couverture du territoire qui s’améliore progressivement. 4000 colis ont ainsi été livrés en température dirigée en septembre dernier. Le spécialiste de la livraison express prévoit déjà d’expédier 1200 colis par jour au mois de décembre.

À l’horizon 2020, Chronopost ambitionne de livrer plus 30.000 colis par jour sous température dirigée, pour un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros. Ce volume d’activité, selon ses projections, représenterait alors un tiers du marché global de la livraison express de produits frais.

La filiale de La Poste a mis sur la table 20 millions d’euros d’investissement pour lancer cette nouvelle activité. Le principe est simple. L’enlèvement des colis auprès des « chargeurs » (les entreprises clientes de Chronopost) est assuré par des camions réfrigérés. Les agences du livreur sont équipées de chambres froides et des caisses isothermes professionnelles avec froid embarqué (positif ou négatif) sont installées dans les véhicules de livraison habituels de Chronopost.

Des équipements RFID assurent le suivi et l’enregistrement des courbes de température tout au long du parcours des colis.

Deux fois plus cher

« Nous mutualisons ainsi la phase la plus coûteuse de la distribution : le dernier kilomètre, explique Martin Piechowski, le président de Chronopost. Et nous exploitons toute notre force de frappe, avec la livraison en J+1 avant 13 heures. »

Du fait des équipements nécessaires pour assurer la chaîne du froid, Chronopost facture aux « chargeurs » un coût de livraison environ deux fois plus cher que pour des colis ordinaires.

Le transport express d’un carton de 4 kg en température dirigée, ainsi, peut être facturé 20 euros à l’expéditeur.

« Notre solution reste moins chère que la concurrence », argumente Martin Piechowski, ciblant notamment, dans les grandes villes, les tournées de camionnettes réfrigérées.

Au-delà de la sécurité et de la traçabilité, Chronopost avance aussi la possibilité, en cas d’absence du destinataire, de revenir stocker les colis dans ses agences. Les emballages isothermes actuellement utilisés, par exemple, par certains sites de e-commerce n’assurent quant à eux qu’une durée de vie de 48 heures, impliquant après ce terme la destruction des produits.

À ce stade, même si des réflexions sont en cours, Chronopost ne prévoit pas d’équiper des points relais (casiers, commerces, bureaux de poste) en solution de stockage de produits frais. Les destinataires n’ont donc pas d’autre choix que d’attendre le passage du livreur.

Chronopost estime que le marché de la livraison express de produits frais ou surgelés se partagera de façon équilibrée entre B to C, à destination des particuliers et B to B, à destination des professionnels. Pour du e-commerce dans le premier cas (sites marchands, vente directe d’industriels, d’artisans de bouche ou de producteurs), pour un service de type grossiste dans le second cas (livraison à des restaurateurs, des détaillants) ou pour l’expédition d’échantillons alimentaires.

Source : Linéaires

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