A quelques semaines de la rentrée, la Fédération Indépendante du Made in France a réalisé une enquête montrant les bons et mauvais élèves de la grande distribution dans le domaine. Etat des lieux.

En 2015, les achats de fournitures scolaires ont rapporté 488 millions d'euros à la grande distribution

En 2015, les achats de fournitures scolaires ont rapporté 488 millions d’euros à la grande distribution

Véritable enjeu économique, le marché des fournitures a rapporté 488 millions d’euros aux supermarchés et hypermarchés français lors de la rentrée 2015, selon l’institut d’études de marché GfK. Basée sur plus de 500 références mises en vente par les 7 leaders français de la grande distribution (E. Leclerc, Intermarché, Monoprix, Auchan, Casino, Carrefour, Super U), la récente enquête de la FIMIF met en lumière certaines pratiques opaques d’enseignes mythiques concernant la provenance des fournitures scolaires.

L’option « Made in France » est proposée en grandes surfaces pour un produit sur deux (54%) en moyenne parmi les 35 articles de base recommandés par le ministère de l’Education Nationale. Cette « liste-modèle » inclut les produits phares de la rentrée des classes: cahiers, feuilles perforées, stylos à bille, crayons à papier, trousse… Parmi les « bons élèves », on compte Auchan et Casino, avec respectivement 63% et 62% d’offre fabriquée en France. Bonnets d’âne, en revanche pour Super U qui propose, selon l’enquête, un panel de seulement 42% de fournitures scolaires issues de production française, Monoprix avec 49% et E.Leclerc (51%).

Les marques distributeur en cause

« Ce sont les marques de distributeurs qui sont en cause », indique Vincent Berionni, cofondateur et secrétaire général de la FIMIF. En moyenne, on compterait parmi elles seulement 27% d’options Made in France pour le choix des fournitures scolaires. Les marques distributeurs des géants E.Leclerc et Super U -respectivement Esquisse et Les produits U- ne font fabriquer aucun article en France.

Au regard de la transparence autour de la provenance des fournitures, certaines enseignes ont encore du chemin à faire. D’après les données de la FIMIF, on connaît la provenance de 81% des produits étudiés. Alors que l’enquête révèle qu’Auchan et Casino mentionnent quasi systématiquement l’origine de leurs produits (respectivement à 94% et 93%), E. Leclerc arriverait en queue de peloton avec seulement à peine plus de la moitié de produits étiquetés (52%). La FIMIF dénonce « un manque de transparence trompeur dans les rayons de certaines grandes surfaces ». De nombreux articles seraient placés dans des présentoirs affichant des drapeaux français, sans être le fruit de production française.

« Pour tenter de comprendre les pratiques opaques des marques distributeur, nous avons décidé de contacter E.Leclerc et Super U. Aucune des enseignes n’a su fournir d’explications: la première, d’abord partante, s’est finalement dite dans l’impossibilité de répondre aux questions et la seconde a également accepté puis n’a plus donné de nouvelles… », rapporte Vincent Berionni. Challenges a également tenté de contacter les enseignes, sans succès.

Prix concurrenciel

Un mauvais pari pour la grande distribution qui pourrait conquérir davantage de clients avec une offre Made in France bon marché? Selon la FIMIF, « le panier Made in France en entrée de gamme est de 5% inférieur à la moyenne des produits équivalents importés ». Raison de plus, selon l’enquête, « de ne pas contribuer à l’affaiblissement de l’industrie française ».

Alors que Clairefontaine, Bic, Maped, Hamelin et Canson forment le top 5 de l’offre Made in France la plus dense dans ce secteur,« certaines PME françaises, avec de fortes capacités de production, n’arrivent pas à s’imposer face aux multinationales et à ce que leurs produits soient placés en rayon », déplore le secrétaire général de la FIMIF. Parmi elles, la prometteuse entreprise française Cléopâtre, qui produit des colles et des peintures, décorée du label Entreprise du patrimoine vivant (EPV), pour son savoir-faire d’excellence.
Avec de nombreuses alternatives, la consommation de Made in France s’impose comme un nouveau défi à relever pour la rentrée 2017.

 

Source : Challenges

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