La foodtech parisienne lance un nouveau service de livraison de produits frais. Un segment très concurrentiel, déjà occupé par d’autres jeunes pousses comme Epicery, mais aussi par Monoprix ou Amazon.

La start-up Frichti dont le modèle initial est de livrer des plats « faits maison » à domicile ou au bureau, a annoncé ce mardi qu’elle diversifiait son offre. La jeune pousse se positionne désormais également sur la livraison de courses. Il est donc possible de se faire livrer un sac contenant à la fois un gaspacho andalou prêt à être avalé et un paquet de pâtes. « Depuis le lancement, notre objectif est de permettre à nos clients de bien manger au quotidien. Avec cette nouvelle offre, nous poursuivons cette mission de manière naturelle », assure Julia Bijaoui, cofondatrice de la start-up.

Nommée « Le Super Marché Frichti », cette nouvelle offre est déjà disponible sur le site de l’entreprise et permet aux clients de faire leurs courses tous les jours de la semaine jusqu’à 23 heures. Frichti promet une livraison en 18 minutes en moyenne dans Paris et 28 villes limitrophes, et en moins de 15 minutes pour la moitié des Parisiens. Le coût de la livraison reste le même : 1,50 euro pour une réception différée et 2,90 euros en express.

Plusieurs concurrents

Plusieurs jeunes pousses françaises sont présentes sur ce service de livraison de produits frais, comme Epicery ou C’est Frais. Ces dernières agrègent les produits de commerçants de proximité ou d’épiceries fines. En décembre 2017, Epicery a accueilli Monoprix à son capital, élargissant ainsi son offre aux produits de Monoprix et de sa filiale bio Naturalia. « Nous avons un positionnement clair sur les produits de haute qualité, assure Elsa Hermal, fondatrice d’EpiceryNous voyons donc d’un bon oeil que le marché se dynamise, et comprenons que les acteurs de la livraison de plats soient attirés par ce segment où le panier moyen est plus élevé et le taux de répétition plus fort. » Epicery revendique en effet un panier moyen de 60 euros, contre 24 euros pour Frichti.

Pour se différencier de l’offre existante, Frichti mise sur un garde-manger restreint.  « Une équipe dédiée travaille à sa constitution depuis un an », affirme Julia Bijaoui. Ce dernier contient 200 produits triés sur le volet, avec « une seule sorte de moutarde, une seule sorte de jambon ». La start-up espère ainsi éviter « le sentiment anxiogène lié au surchoix dans l’e-commerce ». Sur les étagères de ses 8 entrepôts, des produits acquis chez ses fournisseurs historiques, ou en direct chez les producteurs. « Nous privilégions les circuits courts et le bio, sans être obsessionnels », souligne la cofondatrice.

Le Super Marché Frichti propose en outre des « kits recettes » permettant d’acheter tous les ingrédients d’un plat en un seul clic. Une offre qui rencontre elle aussi un concurrent, la start-up  Jow , qui propose de nombreuses recettes dont les ingrédients se glissent automatiquement dans le panier virtuel de Monoprix, grâce à un partenariat avec l’enseigne.

Face à Amazon

Mais face aux jeunes pousses françaises, Goliath est américain. Amazon a annoncé en mars le lancement de son service de livraison de produits frais « Prime Now » , disponible à Paris et dans 21 communes de la petite couronne. L’entreprise américaine avait à cet effet installé un entrepôt de 4.000 mètres carrés dans le 18e arrondissement de Paris. Elle propose 30.000 produits à la livraison, dont bientôt ceux de… Monoprix !

Frichti communique peu sur ses chiffres et ne donne pas d’information sur sa capacité à atteindre la rentabilité. Dès ses débuts, la jeune pousse avait fait parler d’elle en levant 12 millions d’euros six mois seulement après son premier tour de table en seed. L’équipe avait enchaîné un an plus tard avec une  levée de fonds de 30 millions d’euros . Un nouveau tour de table est envisagé en 2019, selon la startuppeuse. Pour Benoist Grossmann, managing partner d’Idinvest, la livraison de courses permettra à Frichti d’« améliorer l’image de marque de l’entreprise, et de faire ainsi baisser le coût d’acquisition client ». Sur un marché où les marges sont très faibles, ce dernier est décisif… mais sans doute pas suffisant.

Source : Les Echos Entrepreneur
Par :  Déborah Loye

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