Les deux acteurs vont rassembler dans un même lieu « quelques dizaines de collaborateurs ». Ils mettront le cloud et l’IA de Microsoft au service du mieux produire, mieux consommer et mieux manger.

Une alliance retail & tech de plus. Intermarché et Microsoft France annoncent avoir conclu un partenariat stratégique. L’objectif est de « développer le ‘mieux manger’, renforcer la proximité et accélérer la transformation de la distribution avec tous les acteurs de l’écosystème alimentaire ».

Concrètement, il se traduit par la création d’une Data Factory. Elle s’appuiera sur le cloud Azure de Microsoft, et sur ses technologiess d’intelligence artificielle (machine learning, data visualisation, computer vision). « Cette Data Factory sera composée d’une équipe de collaborateurs de Microsoft et d’Intermarché – quelques dizaines en tout – qui seront physiquement rassemblés pour travailler ensemble », précise Thierry Cotillard, président de l’enseigne de distribution.

Les équipes ont commencé à collaborer le 17 juin. Reste à décider si elles s’installeront au nouveau siège de la STIME à Châtillon, ou chez Microsoft à Issy-les-Moulineaux.

Deux axes principaux

« Ce qui nous a plu est le champ d’action très large de Microsoft qui va pouvoir nous fournir ses technos, son expertise, l’accès à son écosystème de start-up, et son expérience avec des retailers aux quatre coins du monde », souligne le dirigeant. « Il ne s’agit donc pas d’un partenariat où, comme souvent, Microsoft interviendrait pour résoudre un problème précis, ajoute Carlo Purassanta, président de Microsoft France. Nous nous mettons ensemble pour résoudre toutes les équations que nous rencontrerons.

Nous allons travailler avec tous les métiers d’Intermarché : adhérents, vendeurs, logistique… Tous vont recevoir une formation ou une sensibilisation à ces sujets. Plus largement, Intermarché et Microsoft indiquent vouloir contribuer aux fondations d’un « mieux produire, mieux consommer et mieux manger » en France. Ils souhaitent également répondre à une nouvelle attente des consommateurs : comprendre l’impact de leur consommation sur leur santé, sur l’environnement et sur la société.

« Les Français, comme beaucoup de citoyens dans le monde, sous-estiment beaucoup l’importance du choix des produits qu’ils vont manger, juge Carlo Purassanta. Or ce geste est la première façon de rester en bonne santé. Dans les 10, 15 ans à venir, ils vont se rendre compte de cela. D’où vient le produit, comment il est fabriqué, avec quelle intention, et quelle valeur cela a. »

Le scope est large, mais pas question de s’éparpiller, insiste Thierry Cotillard. « Nous n’allons pas faire un lab d’innovation très général, nous allons travailler sur deux axes concrets. Premièrement l’excellence opérationnelle, pour améliorer tous nos process des entrepôts jusqu’aux magasins.

Par exemple, nous nous attellerons à la gestion de la rupture produits, un challenge d’autant plus complexe qu’il diffère d’un point de vente à l’autre. Et deuxièmement les bénéfices que nous apportons aux consommateurs. Par exemple, nous chercherons à être plus performant en matière de traçabilité. Étant également producteurs, nous pouvons en la matière avoir un coup d’avance sur les autres distributeurs. »

Ce second axe des bénéfices consommateur amènera aussi la Data Factory à travailler la personnalisation de l’offre d’Intermarché. « La data étant aujourd’hui sous-exploitée par toutes les enseignes de distribution », d’après son patron.

3 ans pour commencer

Microsoft, qui investit chaque année entre 12 et 15 milliards de dollars dans Azure, avait déjà signé en janvier avec le groupe coopératif agricole InVivo (connu pour ses enseignes de jardineries Gamm Vert et Jardiland), un premier partenariat visant à mettre son cloud et son IA au service de la transformation digitale du secteur agro-alimentaire.

Ce nouveau partenariat avec Intermarché est conclu pour trois ans. Toutefois, comme le souligne Thierry Cotillard : « On ne transforme pas la distribution en trois ans, donc il faut le voir comme un premier cycle et bien évidemment, si l’aventure est belle, l’idée sera de continuer. »

Source : LSA
Par : Flore Fauconnier

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