L’Autorité de la concurrence a donné ce lundi son feu vert au rachat de Darty par la Fnac. Elle exige la cession de six points de vente, sur les 400 que comptent les deux groupes en France.

XVM6c811306-4c65-11e6-b36d-0c8e4ab651c5L’Autorité de la concurrence a annoncé lundi qu’elle autorisait la Fnac à racheter l’enseigne d’électroménager Darty, comme le révélait ce matin Le Figaro, à condition que le distributeur spécialisé cède en région parisienne six magasins: cinq Darty et un Fnac. Ce feu vert ouvre la voie au mariage des deux enseignes, approuvé fin avril par les actionnaires de Darty après plusieurs semaines de surenchères avec Conforama. L’Autorité de la concurrence, qui avait ouvert une phase d’examen approfondi du projet le 23 mars, explique dans un communiqué qu’en province, le groupe Fnac «restera confronté à une pression concurrentielle sensible» une fois l’acquisition de Darty réalisée. En revanche, «à Paris et dans le sud-ouest de la région parisienne, l’Autorité considère que les alternatives offertes au consommateur ne sont pas suffisantes pour garantir une concurrence effective par les prix et la qualité de services», ajoute le régulateur. Devront donc être cédés à Paris le magasin Fnac du centre commercial Beaugrenelle (15e arrondissement) et quatre magasins Darty (ceux du centre commercial Italie 2, du boulevard de Belleville, de l’avenue de Saint-Ouen et celui de l’avenue de Wagram qui doit ouvrir le 1er septembre), ainsi que le magasin Darty du centre commercial Vélizy II (Yvelines). Les deux enseignes comptent au total 400 magasins en France.

Pour Alexandre Bomprad, le PDG de la Fnac, c’est un coup double. Alors que l’enseigne a remporté fin avril les enchères avec Conforama pour racheter Darty, il va pouvoir formellement lancer l’OPA sur l’enseigne d’électroménager, cotée à la Bourse de Londres. Et ce à moindre frais: les dirigeants de l’enseigne culturelle craignaient de devoir céder 30 à 40  magasins du réseau constitué des 260 Darty et 140 Fnac en France, dont des sites phares à Paris.

Si les concessions sont si minimes, c’est que l’Autorité de la concurrence a bouleversé ses méthodes de travail. Le 6 juillet, Bruno Lasserre, son président, a promis «une décision innovante» indiquant que ses équipes tiendraient compte, pour le calcul des parts de marché, non plus seulement des magasins, mais aussi des sites de vente en ligne. Ceux des enseignes, tout comme ceux des pure players du e-commerce, tels Amazon et CDiscount.

Depuis qu’il a signifié à l’Autorité son projet de racheter Darty, fin 2015, Alexandre Bompard réclamait qu’elle prenne en compte l’e-commerce, qui s’arroge une part de marché de plus en plus importante, notamment dans les biens culturels et l’électroménager. En révolutionnant son approche du marché, l’Autorité de la concurrence, parfois critiquée pour son dogmatisme et l’ampleur de ses exigences, fait preuve de modernité et d’une remarquable capacité d’adaptation.

La Fnac, qui détient 29,73 % de Darty depuis fin avril, annonce avoir déjà reçu des «acceptations valides au titre de son offre» pour 62,16 % supplémentaires. Avec le visa de l’Autorité, elle va pouvoir lancer son OPA, dont la clôture est fixée le 29 juillet.

Source : Le Figaro

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