6018545_1-0-475126486_1000x625Après la parapharmacie et les biens culturels, Leclerc part à l’assaut du marché du jouet. L’enseigne va créer 50 magasins dédiés d’ici à 2020. Reportage dans le premier qui vient d’ouvrir, dans l’Oise.

Une zone commercialau milieu des champs de céréales aux confins de l’Oise, du Val-d’Oise et de l’Eure. Décathlon Easy, Carglass, un magasin d’achat-vente aux particuliers de matériel hi-fi Cash 60. Au milieu d’une enfilade de commerces à prix discount, une devanture flambant neuve : Leclerc Jouets.

Ouvert en juin à côté d’un hypermarché de la même enseigne, ce spécimen, magasin pionnier du géant de la grande distribution, accueille au beau milieu de l’été quelques rares clients, unanimement ravis. « C’est beau, propre, lumineux, il y a du choix », se réjouit Sylvie, la soixantaine, venue faire « un tour de rien, en repérage », dit-elle, avec Lucas, son petit-fils. « Dans le coin, il n’y avait plus rien, de toute façon », déplore la grand-mère qui raconte la longue route qu’elle a même parcourue un jour, en désespoir de cause, jusqu’à Amiens (Somme), à plus d’une heure, pour trouver des cartes Pokémon pour Lucas.

« Leclerc est le nouvel épouvantail sur le marché du jouet en France », assure une étude menée par l’institut Xerfi en juin dernier. Un épouvantail plutôt satisfait qui se targue d’accueillir une centaine de clients par jour à Trie-Château et compte ouvrir 50  Leclerc Jouets d’ici à 2020. Le prochain est prévu à Caudry (Nord) d’ici quelques semaines. « Nous ne sommes pas là pour casser le marché mais pour être moins chers que les autres, souligne Eric Massot, responsable de l’hypermarché de Trie-Château. Surtout sur les produits les plus bagarrés. Même si c’est de quelques centimes. »

Ce directeur est persuadé que son Leclerc Jouets, qui a vu le jour en lieu et place d’un JouéClub en mauvaise santé financière, attirera des foules dès la rentrée. « Leclerc portera vite préjudice aux acteurs en place », prédit l’étude de Xerfi. La Grande Récré ou Toys’R’Us tremblent-ils déjà ? Impossible à savoir. Contactés, les deux géants du secteur n’ont souhaité ni l’un ni l’autre s’exprimer sur le sujet.

A l’entrée de Leclerc Jouets, ni néons blafards, ni carrelage froid, ni tapis roulant. Mais du parquet, des miroirs déformants pour amuser les enfants, un imposant Winnie l’ourson qui dit bonjour et une statue de Dark Vador qui pointe son arme, menaçante. Tout est pensé pour que l’enfant se sente comme chez lui. Des petits passages le font circuler d’un univers à l’autre. « Je suis une princesse ! », « Je suis un artiste ! », « Je suis un héros ! » peut-on lire tour à tour sur les murs le long desquels s’alignent des myriades de poupées de tous matériaux, des doudoulapins, des micros de karaoké rose fluo, des cartes de Pokémon et superhéros araignées.

De nombreuses attentions pour les bambins qui peuvent rapporter gros à Leclerc. Car le marché du jouet se porte bien, très bien. Après une croissance de 3,4 % en 2015, il devrait afficher une progression de 4,5 % cette année, la plus forte depuis cinq ans. En période de crise, « le marché du jouet est une bulle », abonde une porte-parole de Leclerc.

« Leclerc s’est lancé dans la parapharmacie mais ce secteur est encore très protégé. Pour l’enseigne, le jouet est une manière de se diversifier et de trouver un relais de croissance », assure Yves Marin, spécialiste de la consommation à Wavestone. Preuve que l’enseigne y croit : à l’automne, à Trie-Château, Leclerc fera même venir des conteurs au milieu des rayons le mercredi pour animer le magasin.

 

Source : Le Parisien

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