La grande distribution accompagne avec intérêt le développement des fermes urbaines.

En pleine terre, sur les toits des bâtiments ou dans des conteneurs, ces champs d’un nouveau genre permettent de proposer des productions ultra locales à des clients en manque de terroir.

Dernière initiative en date : sur le toit du centre commercial So Ouest de Levallois (92), 220 mètres carrés seront cultivés dès juin 2018 en hors-sol par la société Sous Les Fraises. La technique associe laine de mouton et chanvre comme substrats et garantit une faible consommation d’eau.

1,7 tonne de tomates et un peu moins de 300 kilos de fraises sont attendus cet été. Des volumes qui ne seront pas vendus dans le Leclerc du centre commercial, mais au sein de boutiques éphémères et via les restaurants de la galerie. Il est aussi prévu que l’espace sur les toits accueille le public pour des animations pédagogiques.

7000 mètres carrés à Paris pour Franprix

À plus grande échelle, Franprix a signé un partenariat avec la start-up Cultivate pour développer une ferme urbaine à Paris, qui livrera en circuit court les magasins du 18e arrondissement. À partir de 2019, 7000 mètres carrés sur les toits d’un ancien site SNCF, porte de la Chapelle, serviront à produire 50 tonnes de légumes, dont la moitié de salades. Cultivate a même prévu de recycler les invendus des magasins Franprix dans sa cuisine sur place (il y aura un petit restaurant) ou sous forme de compost dans ses « champs ».

Les expérimentations de Carrefour

À Villiers-en-Bière (77), Carrefour a converti une partie du toit de son hyper, sur 1200 mètres carrés, en potager pédagogique.

Les élèves du lycée agricole et horticole Bougainville de Brie-Comte-Robert y font pousser quelques arbres fruitiers, plantes potagères et herbes aromatiques, dont la production est destinée au magasin. Mais ils assurent surtout des animations pour les clients et écoles environnantes.

À Sainte-Geneviève-des-Bois (91), Carrefour a confié 300 mètres carrés en bout de parking à la société Agripolis pour faire pousser des fruits et légumes faciles à cultiver verticalement (fraises, tomates, concombres, salades, herbes aromatiques, etc.). La production, aux volumes symboliques, est vendue directement dans l’hyper.

Agripolis exploite également 200 mètres carrés sur le toit du siège de Carrefour France, à Massy (91), pour composer des paniers à destination des salariés et livrer un Carrefour Market voisin.

Deux autres projets du distributeur sont en préparation : l’installation d’une serre sur le toit d’un Market parisien rue de Charonne et la mise en culture d’une parcelle de 6000 mètres carrés près de l’hyper de Mérignac (33), dans la banlieue bordelaise.

La première ferme Auchan

À Dunkerque (59), Auchan lorgne carrément un terrain de 35.000 mètres carrés pour monter sa propre ferme. Il est déjà propriétaire des terres, qui jouxtent l’hyper de la ville, pour l’instant louées à un producteur agricole.

L’idée, portée par le directeur du magasin, est d’en faire une parcelle estampillée Auchan consacrée à la culture de fruits et légumes sans traitements. Elle emploierait notamment des personnes en réinsertion, mais aussi des salariés de l’hyper. Trois autres hypermarchés Auchan ont déjà manifesté leur intérêt pour dupliquer l’idée.

Les conteneurs de Leclerc

L’installation de conteneurs reconvertis permet à l’inverse de mettre des cultures en place sur de toutes petites surfaces. Chez Leclerc, des adhérents testent les solutions OïkoFarm à Templeuve (59) ou Achères (78), Farmbox à Saint-Grégoire (35).

Monoprix tente l’expérience avec Agricool à Asnières (92). Les fraises ainsi produites en conteneur sont vendues dans le magasin d’Asnières Gare et prochainement dans celui de Beaugrenelle.

La champignonnière Monoprix

Plus original, enfin, l’enseigne s’est aussi associée avec La Boîte à Champignons pour installer dans la cave du Monoprix Saint Agustin (Paris 8) une véritable champignonnière.

De façon plus modeste, dans dix autres points de vente, La Boîte à Champignons a développé pour Monoprix un concept de « bar à pleurotes ». Mais pas de cueillette en libre-service ici. Ce sont davantage des espaces de démonstration pour vendre des champignons à faire pousser à la maison (même si la maigre récolte du « bar » a bien vocation à être mise en rayon).

Source : Linéaires
P
ar : B. Merlaud

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