Nike s’offre la start-up israélienne Invertex pour se renforcer dans le sur-mesure

La firme américaine vient d’annoncer l’achat d’Invertex, une jeune pousse israélienne qui a développé une technologie de vision par ordinateur, capable de scanner votre pied et de vous proposer des chaussures à votre meilleure pointure.

Nike s'offre la start-up israélienne Invertex pour se renforcer dans le sur-mesure
Nike s’offre la start-up israélienne Invertex pour se renforcer dans le sur-mesure © Invertex 

Difficile de trouver chaussure à son pied quand les pointures varient selon les marques et les modèles. Un problème pour le marché par correspondance qui totalise à peine plus de 8% des achats alors que d’autres types de vêtements atteignent les 50%. C’est ce point de friction auquel s’est attaquée la start-up Intervex spécialisée dans la vision par ordinateur, que vient tout juste de s’offrir Nike pour un montant non communiqué.

DE TROP NOMBREUX RETOURS

Ces ventes de chaussures à distance qui peinent à décoller s’expliquent par “des taux de retour énormes, un tiers des commandes à peu près”, selon David Bleicher, cofondateur d’Intervex. Les entreprises sont aussi plombées par les frais de retour : « Tenez compte du fait que dans 73 % des cas, le retour est financé par l’entreprise et non par le client, ce qui coûte en moyenne environ 20 dollars pour l’expédition, le retour et le reconditionnement des chaussures”, détaille l’entrepreneur.

Initialement, la jeune pousse basée à Tel-Aviv voulait spécialiser ses technologies 3D et d’intelligence artificielle dans le domaine médical mais elle a changé sa cible pour concentrer ses forces sur le marché de la chaussure. Invertex voulait même aller un cran plus loin : “Au début, nous avions une sorte de vision euphorique où chaque personne avait un avatar pour tout acheter – chaussures, vêtements, lunettes, casque, gants, manteaux, tout. Mais nous n’avions pas réalisé que les gens n’étaient pas très ouverts à l’idée d’avoir toutes ces informations sur leur corps disponibles sur Internet, alors nous avons concentré nos efforts sur les pieds », raconte l’entrepreneur.

DES DIZAINES DE MILLIERS DE PIEDS SCANNÉS

Pour se développer, Invertex a construit un modèle B2B. Dès le départelle prévoyait de se mettre au service d’entreprises comme Nike ou Adidas, en offrant des outils pour leurs clients. Elle a ainsi créé une solution disponible en magasin mais aussi chez soi. Sur une simple feuille de papier A4, le client dépose son pied et le scanne grâce à son portable. Les données sont alors collectées dans un cloud où sont accumulés les critères de dizaines de milliers de pieds et de modèles de chaussures compatibles. Le pied scanné est fiché et associé à d’autres pieds rassemblant les mêmes caractéristiques et offrant donc les mêmes solutions.

 

 

Le système repose aussi sur l’expérience. Si l’utilisateur est satisfait de sa commande, s’il n’a pas, par exemple, retourné l’article, la compatibilité entre la chaussure et le pied est alors approuvée et peut servir de modèle. Au final, Invertex constitue une cartographie qui s’affine avec le temps et la multiplication des modèles scannés. La partie intelligence artificielle suggère ensuite les meilleurs choix en fonction de la taille mais aussi des goûts de l’utilisateur.

L’intégration aux plates-formes externes a également été réfléchie en amont, « tous nos systèmes sont invisibles”, précise David Bleicher, « de sorte qu’il n’y a pas d’application appelée Invertex autre que nos propres applications de test et de développement. On peut très facilement s’adapter aux couleurs, aux logos et à l’inventaire d’une marque”, détaille le PDG d’Invertex.

UNE EXPÉRIENCE CLIENT AMÉLIORÉE POUR NIKE

Aucun détail n’a filtré sur le montant de la vente de la start-up ni sur les modalités de son intégration aux équipes de la marque à la virgule. En revanche, il est certain que Nike souhaite améliorer ses relations avec les acheteurs. Ses dernières acquisitions, comme Zodiac – une start-up spécialisée dans l’analyse data des consommateurs- et Invertex mettent en place les outils d’une personnalisation de l’offre client.

A plus long terme, Jim Duffy, analyste chez Stifel, estime que l’acquisition d’Intervex et la collaboration de Dreamworks, via sa société de technologie 3D Nova, constituent « un tremplin vers des méthodologies de fabrication avancée. Les images 3D du pied d’un consommateur seront utilisées pour produire des produits sur mesure, à la demande ». Un objectif qui n’était pas écarté par le PDG d’Intervex lui-même et un clin d’oeil de l’Histoire puisque “les cordonniers fabriquaient des chaussures à la demande, il y a 150 ans”.

Source : usine-digitale.fr
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