La loi alimentation a pour objectif d’équilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et mettre en place une alimentation saine et durable.

Des prix fixés avec les agriculteurs, une hausse de 10% de seuil de revente à perte, un encadrement des promotions, les distributeurs vont-ils jouer le jeu ?

La loi est issue d’un travail de 6 mois entre les agriculteurs, les distributeurs, les industriels. Le processus de négociation s’inverse. On part du agriculteurs, on remonte vers les industriels et on termine avec les distributeurs. Ceci, en prenant en compte les prix moyens de production et plus seulement les prix de marché.

Ensuite, il faut luter contre la vente à perte. Elle est autorisée sur certains produits mais les industriels doivent y palier sur d’autres. Dans ce cas-là, ce sont notamment les produits agricoles qui sont touchés.

Dernier élément de la loi, les rabais seront limités à 34% des volumes et 25% des prix de références.

Comment réaliser ces objectifs ?

Alors bien sûr, le projet est beau, mais les objectifs paraissent presque irréalisables. En effet, entre le producteur et le consommateur, il y a bien d’autres acteurs qui entrent en jeu : les plateformes, grossistes et revendeurs notamment. Comment s’assurer que le surplus que le consommateur va payer ira bien dans la poche de l’agriculteur ?

Le travail se fera par filière et grâce à des indicateurs de coûts moyens. La transparence jouera également un grand rôle. Par exemple, depuis 2014, les distributeurs publient, dans le cadre de l’observatoire des prix et des marges, leurs marges nettes, après impôts par rayon.

Mais cette transparence ne suffira pas. Il faut innover et aller vers plus de qualité pour pousser le consommateur (qui paye plus cher) aille vers ces produits. En effet on remarque depuis quelques années une valorisation du panier moyen de 1,5% à 2%. Sur le beurre par exemple :  avant, le consommateur achetait un beurre classique. Aujourd’hui, il est prêt à payer plus pour avoir un beurre bio, qui rémunère mieux les agriculteurs, etc…

Preuve en est que 97% de la croissance des magasins en 2017 vient des produits bio, vegan, locaux majoritairement produits par des PME françaises.

Propos tirés de l’émission Innover pour le commerce sur BFM Business

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