Abercrombie & Fitch renonce à ses mannequins-vendeurs « sexy », alors qu’elle fait face à des poursuites pour discrimination et à un recul continu de ses ventes.

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Désormais,  l’enseigne très prisée des adolescents ne recrutent plus leurs vendeurs sur la base de leur apparence physique, leurs abdos saillants ou leur taille de guêpe, selon en tout cas un communiqué.

« Nous ne tolérerons plus la discrimination fondée sur l’apparence physique ni sur la beauté », écrit dans un communiqué Christos Angelides, président de la marque. En clair, les vendeurs ne sont plus des « mannequins », mais des « représentants de la marque », ajoute-t-il.

Les deux marques de la maison américaine, Abercrombie et Hollister, n’utiliseront plus d’hommes torse nu pour l’ouverture de boutiques ni pour tout autre événement promotionnel. Seuls les mâles utilisés pour les campagnes publicitaires des parfums survivent à ce changement de « dress code ».

L’enseigne très prisée des adolescents renonce par ailleurs à interdire à ses employés de porter une « French manucure » (bout des ongles verni en blanc). Toutefois les maquillages et bijoux à outrance, les piercings voyants et les couvre-chef ne sont pas recommandés.

« D’ici la fin du mois de juillet, il n’y aura plus de marketing sexualisé utilisé dans les dispositifs incluant les photos dans les boutiques, les cartes cadeaux et les sacs servant aux achats », assure Abercrombie & Fitch (A&F).

France et Allemagne pas concernées

La mesure ne s’applique pas pour l’instant à la France et à l’Allemagne, où les instances représentatives du personnel doivent encore être consultées, souligne le groupe en perte de vitesse.

« Ces changements sont effectués pour nous assurer que l’attention se porte sur les besoins des clients et que nous promouvons un environnement de travail moins discriminant », explique Christos Angelides.

Les magasins d’A&F sont réputés pour leurs mannequins aux torses sculpturaux et aux jeans taille basse, appâtant le client à l’entrée, et pour leurs vendeuses aux tailles de guêpe et aux décolletés généreux, revêtues de jupes courtes et de chemises ajourées.

Les critiques de la marque estiment ainsi que le groupe véhicule une beauté stéréotypée. En 2013, Abercrombie a fait scandale en proposant par exemple une ligne de vêtements pour femmes sans grandes tailles et son ex-PDG, Michael Jeffries, débarqué en décembre, n’a pas arrangé les choses en déclarant que les vêtements de son groupe n’étaient pas faits pour les « gros ».

Hormis ces scandales, Abercrombie, qui fut autrefois lanceuse de tendances, est affectée par la concurrence des marques de prêt-à-porter H&M et Zara (groupe Inditex), qui ont fini par lui piquer petit à petit sa clientèle de jeunes urbains fashionistas. La fréquentation de ses boutiques pâtit en outre de la pénétration du commerce en ligne.

Pour ne pas être complètement « out », Abercrombie a lancé différentes initiatives. le groupe s’active sur les réseaux sociaux, la couleur noire a fait son apparition dans ses rayons, le niveau de la musique a été baissé, les magasins sont un peu plus éclairés et le groupe vaporise un peu moins de parfum.

 

Source : fashionmag

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