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Pour son 49ème anniversaire, le CES se transforme et opère sa propre mue. Cette édition 2016 aura comme à son habitude révélé son lot de nouvelles start-ups et autres innovations technologiques, mais elle aura aussi été marquée par la transformation même de l’événement, passant pourrait-on dire du « Consumer Electronics Show » au « Consumer Experience Show »… Décryptage par Tips Tank.

 

Le fameux salon créé il y a 49 ans et dédié à la technologie pure, pré-carré d’inventeurs et autres start-ups présentes dans l’espoir d’être vus, aimés, aidés, reconnus, financés. Ce fameux salon où furent présentées en avant 1ère le magnétoscope, le DVD, le jeu Pong, ou encore la XBOX. Si chaque édition du CES révèle son lot de nouvelles start-up, 2016 aura marqué la fin du CES dans son format initial et l’avènement d’une nouvelle manifestation. De la technologie pure, le CES est désormais le grand rassemblement de la transformation numérique dans son ensemble, des grandes annonces, des nouveaux modèles de business et des nouveaux usages.

 

Quand les stands étaient auparavant trustés par des start-up que les acteurs de la « vieille économie » observaient avec curiosité, amusement, intérêt mais aussi circonspection tels des animaux bizarres, cette année de très grandes entreprises « traditionnelles » et a priori étrangères au monde de l’Électronique s’y sont exposées en nombre. A l’instar de grands groupes français, soutenus par un Emmanuel Macron, manifestement dans son élément, fier et enthousiaste.

 

Signe des temps, certaines grandes entreprises françaises ont donc progressivement fait leur coming out. Et l’on peut comprendre les raisons qui les motivent : show room d’un monde économique qui change en profondeur, start-up françaises devenues riches et mondiales, alliances potentielles à créer, crainte d’überisation, forte poussée des consommateurs en matière de nouveaux services à forte valeur d’usage et d’utilité pour eux…

 

Ce qui aura donc frappé cette année et marqué un virage, ce sont les initiatives de ces grandes entreprises venues faire la démonstration de leur engagement et de leurs capacités d’innovation, d’ouverture d’esprit et de remise en question. Coup de « comm » pour certains, bien plus pour d’autres.

 

Retour sur les grandes entreprises françaises (véritablement) actives 

 

A tout seigneur tout honneur, La Poste, véritable locomotive. Outre 14 start-ups (smart home, silver economy, santé, énergie, loisirs, smart city) sélectionnées et portées l’entreprise, elle aura aussi embarqué avec elle sur son méga stand les entreprises LegrandBNP Paribas Real EstateMalakoff Médéric et Atol. Qu’est ce qui a réunit toutes ces entreprises de secteurs d’activité très différents ? Probablement la volonté commune de s’emparer de l’innovation technologique pour la mettre au service d’une expérience client meilleure et élargie, dans une logique de business à la fois défensive et offensive.

 

La Poste et son Domino, créé en partenariat avec Sigfox. Un bouton intelligent à placer dans sa boite au lettre et qui entend révolutionner l’expédition des colis. Sur un marché du courrier en chute libre et l’explosion de la circulation des objets elle-même dûe à la multiplication des acteurs de la VAD, la logique business est évidente et la proposition de valeur l’est tout autant : simplifier la petite « logistique » quotidienne du plus grand nombre d’entre nous.

 

Legrand entend trouver un nouveau relai de croissance par une nouvelle expérience client favorisant – enfin – le décollage du marché de la smart home. Le groupe industriel a ainsi fait la démonstration de ses innovations : interrupteur de colorimétrie, interactions avec d’autres applications de la maison (chauffage, alarme, musique…), gamme d’interrupteurs connectés et intelligents, pilotage à distance de la maison, application NFC permettant depuis un smartphone de gérer des lampes ou prises de courant…

 

Pour BNP Paribas Real Estate, au-delà de la localisation et des mètres carrés, « l’industrie immobilière passe d’une industrie de produits à une industrie de services ». D’une stratégie d’offre à un business modèle rebâti autour de la Connexion et des services aux clients. Enjeux énergétiques, objets connectés, services de proximité, confort et bien être des utilisateurs…sans plus de détails, la Smart Home et le Smart Office semblent désormais au cœur des préoccupations de la Direction Générale.

 

Malakoff Médéric, pour qui le mieux-être est source de meilleur business. Avec 200 000 entreprises clientes représentant 4,7 millions d’employés et 1,8 millions de clients particuliers, Malakoff Médéric a une force : celle des datas relatives au bien-être et à la santé en entreprise. Un capital et une légitimité évidente pour développer de nouveaux services dédiés aux individus et aux entreprises. Coaching santé, mesure de l’activité physique, indice de masse corporel et conseil en alimentation, interface de télémédecine, pour le bien-être de tous et… une réduction de l’absentéisme bien entendu.

 

Atol, des lunettes connectées comme Cheval de Troyes pour une extension de business model et redéfinir le métier de l’opticien de demain ?

 

Téou, dont la proposition de valeur est sur la géo-localisation de ses lunettes, pourrait selon Atol, devenir un objet intelligent mis au service de la santé et de la maison connectée : informer les proches qu’une personne âgée ne porte plus ses lunettes depuis trop longtemps ou à une heure inhabituelle, fermer les volets de sa maison à partir de ses lunettes, tels seraient les nouveaux services que pourraient nous rendre une future Téou.

 

Hors du giron La PosteL’Oréal et Engie étaient également présentes au CES 2016L’Oréal avec son tatouage-patch permettant de garder un œil permanent sur son exposition au soleil. Engie était, elle, à l’Eureka Park, la fameuse foire aux start-up : une présence peut-être moins visible, mais plus proche du « réacteur » du CES. Pour accompagner celles dans lesquelles le groupe a investi (AMS, Sigfox, Ecova) et en profiter pour faire le push de son dashboard Think Energie, ainsi qu’un nouveau thermostat intelligent développé par sa filiale Ecometering.

 

 

Les puristes et les cyniques verront-ils dans cette offensive l’arrivée du « grand capitalisme » déterminé à récupérer la Mecque des start-up à son profit ainsi qu’un dynamisme et une nouvelle croissance impulsés initialement par de jeunes pousses inconnues ? Les autres y verront-ils un signe de maturité (enfin !) atteinte et une formidable accélération positive et enthousiasmante ? Une chose est sûre, cette année le CES a changé. Le CES est mort ? Vive le CES !

 

Source : INfluencia

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