Alors que l’enseigne d’épicerie fine Hediard est placée en redressement judiciaire, les pure players du e-commerce lorgnent de plus en plus sur l’alimentaire, notamment haut de gamme.

Dans le commerce, le hasard n’existe sans doute pas. En témoigne la concomitance entre la cessation de paiement d’Hediard le 22 Octobre dernier et le lancement de l’offre alimentaire « Miam-Miam » de Vente Privée.
D’un côté un acteur classique de l’épicerie fine qui n’a jamais vraiment réussi à percer sur internet, de l’autre un champion du e-commerce parti explorer de nouveaux territoires….comme un passage de relais symbolique.

000036596_5Car si les enseignes alimentaires ont réussi avec le drive leur transition vers le commerce électronique, elles pourraient ne pas conserver leur monopole éternellement.
Evidemment, jusqu’à présent les tentatives des pure-players du e-commerce dans l’alimentaire ont été des fiascos pour la plupart. Dernier exemple en date, Telemarket qui, malgré le soutien de système U n’aura jamais réussi à trouver un modèle économique pérenne. La faute évidemment aux coûts liés à la livraison qui rendent les produits achetés sur internet beaucoup plus chers que ceux achetés au supermarché du coin.
Il y a fort à parier qu’Auchandirect ou Ooshop (groupe Carrefour) ne sont pas non plus rentables. Dans ce paysage seul Houra du groupe Cora semble l’être, du moins aux dires de sa direction qui ne communique pas de chiffres. Le secret d’Houra pour ne pas perdre d’argent ? Cibler les CSP+ avec des produits haut de gamme. Résultat : un panier moyen à plus de 200 euros qui rend le coût de la livraison de 10 euros plus acceptable pour les clients. Conclusion : pour réussir sur internet dans l’alimentaire, il faut oublier le « tout sous un même toit ».

 

VPMM1Et c’est exactement le pari que font actuellement Vente Privée en France et Amazon aux Etats-Unis. Le concept de « Miam-miam » de Vente Privée : proposer tous les trois jours dans un premier temps (puis tous les jours) une sélection de produits du terroir « made in France » vendus à prix cassés.

Les produits proposés seront dans un premier temps, en majorité de l’épicerie — plus facile à conserver et à stocker — mais aussi des produits frais, vente-privée ne s’interdisant pas de regarder plus tard pour intervenir dans de l’ultra-frais, comme les fruits et légumes. Contrairement à l’habillement, il ne s’agira pas de « déstockage » d’invendus, mais de produits « à la fraicheur et à la traçabilité irréprochables », assure le DG de Vente Privée. Les prix en revanche seront « 40 à 50% inférieurs à ceux auxquels ces produits sont vendus habituellement », a-t-il indiqué, précisant que cette baisse de prix résulte du fait que « vente-privée est l’unique intermédiaire entre le producteur et le consommateur ».

Bref, le modèle économique du site transposé à l’alimentaire. Avec une cible bien précise : le grand public qui veut saisir l’opportunité de se faire un petit plaisir. Malin à quelques jours du début des courses de Noël…

 

000036590Si la stratégie d’Amazon French parait différente, l’équation reste la même : pour rendre indolore le surcoût lié à la livraison il faut vendre plus cher. D’où le concept du « fresh pack », une sélection de produits alimentaires plutôt haut de gamme ou de grande conso (couches, matériel de sport…)  qu’Amazon propose de livrer dans les 24 heures au domicile du client. Le tout avec un abonnement, le Premium fresh, de 299 dollars sur l’année pour ne pas payer le coût de la livraison à chaque commande, soit un coût hebdomadaire de 5,75 dollars (4,20 euros). Rappelons que les sites français actuels facturent 10 euros la livraison…

Certes, à l’heure de la crise, ces initiatives peuvent donner l’impression qu’elles ne vont intéresser que des niches de clients. Mais avec la reprise, le « consommer mieux » promus par ces sites pourraient toucher un plus large public. Et les pure players du e-commerce prendre du poids dans l’alimentaire.

 

Source : LSA

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