Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, annonce ce mardi 23 janvier 2018 le plan « Carrefour 2022 » destiné à redonner du lustre au groupe. Découvrez les 10 mesures principales de ce plan stratégique.

Alexandre Bompard présente le plan Carrefour 2022.
Alexandre Bompard présente le plan Carrefour 2022.

Suppression de 2400 postes.

« L’organisation du groupe doit être simplifiée en réduisant le poids et la complexité des sièges », indique Carrefour. Concrètement, cela va passer par un plan de départ volontaire de 2400 personnes au siège en France, sur un effectif total de 10500 salariés.

Développement des partenariats.

Pour « tirer profit des innovations et meilleures pratiques et bénéficier de l’expérience de start-up innovantes et de la puissance de leaders sectoriels », Carrefour entend multiplier les accords de partenariat du type de ceux déjà passés avec Fnac-Darty et Showroomprivé. C’est ainsi que le groupe annonce la signature d’un partenariat stratégique avec Tencent, spécialiste du e-commerce en Chine.

Mise en place d’un plan de réduction de coûts de 2 milliards d’euros,

réalisé dès 2020 en année pleine. Un objectif très ambitieux qui ne pourra être tenu que via la refonte de l’offre, en réduisant la taille des assortiments de plus de 10%, via une optimisation des achats, qui seront désormais conduits au niveau international pour tirer profit de la présence du groupe dans plus de 30 pays, via la rationalisation des achats non-marchands, la réduction des coûts logistiques et celle des coûts de structure.

Cession de 273 magasins Dia.

Pour mémoire, Carrefour, en 2014, avait repris 800 points de vente Dia et avait dû en céder une cinquantaine à la demande de l’Autorité de la concurrence. C’est donc de plus d’un tiers du parc dont Carrefour va maintenant se séparer.

Une enveloppe annuelle de 2 milliards d’euros d’investissements

dès 2018. Des investissements qui, promet le groupe, seront « choisis avec une sélectivité accrue », et seront surtout dirigés vers l’informatique et le numérique, mais aussi la supply-chain. Une large part ira également au renforcement de la compétitivité commerciale avec, notamment, le développement des marques propres, afin de participer à l’attractivité prix de l’offre produits du groupe. La cession de quelque 500 millions d’euros d’actifs immobiliers non stratégiques, dans les trois ans à venir, aidera en partie à constituer cette enveloppe.

Révision du modèle de l’hypermarché.

Les surfaces des hypermarchés Carrefour seront adaptées à leur zone de chalandise – comprendre : réduites. En tout, Carrefour entend réduire la voilure d’au moins 100.000 m² d’ici à 2020. Mais, au-delà des surfaces, c’est l’ensemble du modèle qui doit être repensé : Carrefour entend ainsi « chercher des alliances à l’achat et à la vente pour améliorer l’offre non-alimentaire lorsqu’elle n’est pas pertinente » (coucou Fnac-Darty…). De même, l’annonce était attendue : 5 hypers sont appelés à passer en location-gérance. Mais, en revanche, aucune fermeture n’est prévue en France.

Développement des magasins de proximité.

Le groupe veut ouvrir au moins 2 000 magasins de proximité dans les cinq prochaines années partout dans le monde.

Des investissements massifs sur le numérique. Carrefour va injecter 2,8 milliards d’euros sur cinq ans, « soit six fois plus que les investissements actuellement consentis » pour « changer de dimension sur le numérique et l’omnicanal ». En clair : pour rattraper son retard… L’objectif est d’atteindre 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’e-commerce alimentaire d’ici 2022, pour, en France, une part de marché du e-commerce alimentaire « supérieure à 20 % en 2022 ». C’est-à-dire à un niveau sensiblement équivalent à celui de la part de marché en magasins du groupe Carrefour. Sur le drive, phénomène en vogue dans l’alimentaire, Carrefour, très en retard, peine à dépasser aujourd’hui les 8% à 9% de part de marché. C’est évidemment largement insuffisant. En ce domaine, le retard pris au démarrage ne s’est jamais rattrapé. Ainsi, quand Auchan initiait le mouvement dès l’an 2000, et qu’un Leclerc embrayait dès 2007, Carrefour, lui, attendait péniblement fin 2010 pour se lancer à son tour. En 2018, Carrefour entend ouvrir plus de 170 drives et veut développer les services de livraison à domicile et améliorer le click and collect. Enfin, pour davantage de clarté, le groupe va (enfin !!) avancer sur le net avec un site marchand unique, carrefour.fr

Devenir le référent en matière de qualité alimentaire.

Carrefour affiche de fortes ambitions sur les produits frais. Le groupe veut devenir la référence en la matière et vise une croissance du chiffre d’affaires trois fois plus forte sur le frais que celle des PGC. A la clé, espère le groupe : un million de consommateurs en plus d’ici 2022. Même volonté affichée concernant l’offre bio : Carrefour souhaite passer d’un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros à 5 milliards d’euros d’ici 2022.

Renforcement des marques propres.

Carrefour veut réaliser un tiers de son chiffre d’affaires via des produits à marques Carrefour d’ici 2022. Plus de MDD, c’est évidemment plus de marges. Un enjeu là aussi primordial pour le groupe.

Source : LSA
Par : JEAN-NOËL CAUSSIL

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