Le directeur général du célèbre site de petites annonces présente trois projets en cours qui vont bousculer la logique du groupe.

 

JDN. Quand lancerez-vous votre messagerie entre vendeurs et acheteurs pour discuter directement sur Leboncoin ? Antoine Jouteau est le Directeur général de leboncoin. © Leboncoin – Franck Beloncle

Antoine Jouteau. Notre messagerie sera disponible la deuxième quinzaine d’août. Les derniers tests sont en cours. Développé en interne par une quinzaine de personnes, ce service va fluidifier la communication entre nos 26 millions de visiteurs uniques. Notre objectif est de dépasser les 5 millions de messages par jour. Nous comptons déjà entre 3 et 5 millions d’échanges quotidiens par mail et téléphone dans le cadre des transactions qui se déroulent sur notre plateforme.

Comment s’intègrera-t-elle à votre application et à votre site ?

Cette messagerie sera cross-device, à la fois appli et web. Une fois connecté, l’utilisateur pourra cliquer sur une enveloppe qui lui signalera s’il a reçu des messages. Ce sera dans le menu sur l’application. Par l’annonce, un acheteur pourra entrer directement en discussion avec un vendeur. Nous ne prévoyons pas de formats publicitaires pour le moment.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Nous n’avons jamais refusé l’idée de  proposer un tel service. On l’aurait bien lancé avant même. Mais une telle messagerie n’est pas anodine à développer. Leboncoin s’est construit au cours des cinq dernières années avec d’autres priorités. Mais depuis six mois, c’est notre objectif numéro un et ce n’est pas le seul changement qui va bouleverser le groupe.

C’est-à-dire ?

Début 2018, nous allons opérer une révolution dans notre modèle. Leboncoin a généré 100 millions de transactions en 2016. Mais nous ne nous en occupons pas directement. Voilà pourquoi nous sommes en train de basculer vers un mode de paiement à destination de nos utilisateurs. Ce sera un module pour transférer de l’argent et limiter les frictions.

Quelle solution de paiement choisirez-vous ?

Le fonctionnement n’est pas encore fixé dans le détail. Beaucoup de banques viennent nous voir. Mais aujourd’hui, la plus haute probabilité serait de créer une solution par nos propres moyens : une solution propriétaire. Même si la partie intégration des paiements PSP sera assurée par un acteur du marché. Nous effectuons en ce moment des bêta-tests sur les locations de vacance avec des consommateurs ciblés et recrutés.

Avec plus de 100 millions de transactions générées par an, prendre une commission vous assurerait une nouvelle ligne de revenus confortable…

Il est trop tôt pour parler des commissions. On fantasme beaucoup sur ce sujet, mais je ramène tout le monde à la réalité : il est difficile de dire combien nous basculerons de transactions sur notre système, car ce paiement sera une option parmi d’autres. Les utilisateurs resteront libres.

Une troisième évolution se prépare chez vous. Vous êtes en train d’élaborer un service d’alerte…

Nous travaillons en effet sur la possibilité de sauvegarder des recherches et notifier l’utilisateur par des alertes lorsque de nouvelles annonces y répondant sont publiées. Aujourd’hui, la fonctionnalité existe déjà. Mais elle est cachée, non cross-device avec un système de cookies. Avec ce nouveau système, le particulier ne perdra jamais les annonces qui l’intéressent quel que soit l’écran. Finalement nous donnerons à nos utilisateurs ce qu’ils demandent depuis plusieurs années. Nous lancerons notre messagerie en août, un système d’alertes à l’automne et le paiement en 2018.

Le site et l’appli seront-ils également améliorés ?

Une refonte de notre application android sortira peu avant la messagerie. En parallèle, nous travaillons sur des évolutions dans l’immobilier, avec des tableaux de bord plus précis en termes d’analyses de données à destination des pros. La rentrée sera très riche avec une grosse phase d’accélération.

Où en êtes-vous dans votre développement ?

Nous avons embauché plus de 100 personnes depuis janvier 2017. On va en recruter 70 autres d’ici la fin de l’année. Au premier trimestre 2017, notre chiffre d’affaires affiche une croissance de 20% par rapport à l’année précédente. L’année dernière, nous avons réalisé un CA de 212 millions d’euros. Notre application a été téléchargée 21 millions de fois. La santé financière et les perspectives économiques sont très bonnes. Ce qui nous permet de développer un accélérateur à start-up et un lab.

« Une équipe de 7 personne doit tuer Leboncoin pour le faire renaître »

Pouvez-vous nous en dire plus sur cet accélérateur ?

Nous accompagnons deux start-up dans nos locaux. Depuis février, nous accueillons Paycar, qui propose une solution de paiement pour les transactions entre particuliers sur les véhicules d’occasions. Depuis mai 2016, Réassurez-Moi nous a rejoint. Cette plateforme en ligne permet de trouver facilement et au meilleur prix une assurance lors d’un prêt immobilier. Nous développons des synergies avec ces deux entreprises proches de notre univers. Ces jeunes pousses restent chez nous pour neuf mois renouvelables. On s’est laissé la possibilité de prendre une participation mais nous ne communiquons pas le pourcentage.

Vous avez également créé un lab. En quoi consiste-t-il ?

Une équipe de 7 personnes est en charge de disrupter notre business model. Ils doivent « tuer » Leboncoin pour mieux anticiper les innovations venues de l’extérieur et le faire renaître. Par exemple, ils travaillent sur une application différente avec une navigation intuitive en slide à la manière d’un Tinder. Ou encore, ils développent la reconnaissance d’images et des algorithmes…

Comment se porte votre comparateur de prix Ledenicheur.fr lancé en 2016 ?

Il référence plus de 1 700 marchands et près de 2 900 000 prix. Il a affiché 30 000 visites par jour en janvier 2017. Son défaut : il est un peu trop complexe. Nous sommes donc en train de le simplifier

Source: JDN

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