Le géant américain de la distribution envisage de confier à ses clients en magasin l’expédition de ses commandes en ligne. Ce projet lui permettrait de réduire ses coûts et de contrer ses concurrents de l’e-commerce, Google et Amazon en tête, qui raccourcissent toujours plus leurs délais de livraison.

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Walmart a une interprétation très personnelle du concept de «consommation collaborative». Le géant américain de la distribution envisage en effet de faire appel à ses clients en magasin pour livrer ses clients qui ont passé une commande en ligne. Ses 4000 magasins aux États-Unis accueillent chaque semaine des millions de clients, dont certains pourraient être volontaires (moyennant des avantages commerciaux comme une réduction sur leur ticket de caisse) pour déposer sur leur chemin du retour des colis aux cyberacheteurs, assure Joel Anderson, PDG du site Walmart.com. «Nous en sommes au stade de la réflexion, mais le concept pourrait être déployé dans un an ou deux», tempère Jeff McAllister, vice-président du département des innovations de WalMart.

En attendant cet horizon plutôt lointain, WalMart devra lever bon nombre d’obstacles. À commencer par la résistance certaine des grands acteurs de la livraison de colis. L’enseigne travaille actuellement avec FedEx, à l’instar de grandes chaînes comme Lowes, Home Depot ou Target. Se pose en outre l’épineuse question de la protection de la vie privée. Il faudrait, de fait, que la chaîne persuade ses clients de communiquer leur adresse à d’autres consommateurs qu’ils ne connaissent pas. Le recours à des particuliers entraîne par ailleurs un risque accru de vols de colis ou de courses non livrées, tandis que l’activité de professionnels est encadrée par des dispositifs réglementaires d’assurance ou de maintenance. Elle offre aussi des garanties sur la validité du permis de conduire des livreurs, par exemple, et sur le suivi des prestations.

Toujours est-il que WalMart explore toutes les pistes pour réduire ses coûts. Le groupe a commencé à livrer les courses commandées en ligne directement de ses magasins dans 25 de ses points de vente. Un dispositif qui lui coûte moins cher en transport qu’en passant par ses entrepôts ou centres de distribution et qu’il espère étendre à 50 magasins cette année. Face à la concurrence des géants de l’e-commerce, Google et Amazon en tête, WalMart réplique. Il a lancé en octobre le service Walmart To Go, qui propose de livrer les achats en ligne le jour même, jusqu’à 22 heures. Le raccourcissement des délais de livraison est un enjeu majeur dans la bataille que se livrent les géants de la distribution. Dernier dans la course, Google expérimente son service Google Shopping Express dans la région de San Francisco depuis le mois de mars. Amazon propose, lui, depuis plusieurs années une option «Prime» qui offre une livraison gratuite en un jour ou deux jours pour une souscription annuelle de 79 dollars.

Source : Le Figaro

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