Marques, fabricants de matériel, développeurs d’applications… Tous se sont emparés de la tendance de l’autoportrait.
Ils comptent bien, grâce à elle, développer de nouveaux services… et tenter de faire fortune.

Ce n’est pas pour rien que « selfie » a été élu mot de l’année, l’an passé, par les dictionnaires Oxford. Cette tendance sociale a envahi Internet, devenant dans un second temps un véritable enjeu de business, illustré par la politique agressive des fabricants de smartphones ou d’appareils photo en la matière.

Autre signe de l’étendue et de l’importance prise par ce phénomène : l’émergence de services directement liés à la pratique de l’autoportraits. Instagram s’est largement développé en surfant sur la vague. Snapchat, cette application qui permet de s’envoyer des photos qui se détruisent automatiquement au bout de quelques secondes, n’a fait que pousser le phénomène à l’extrême.

En quête de modèle

Et ce n’est encore là que la partie émergée de l’iceberg. Aux côtés de ces nouveaux poids lourds, ce sont des centaines d’applications qui ont été créées pour aider les apprentis artistes et autres narcissiques virtuels à ne pas rater leurs « selfies » et à les partager plus facilement sur les réseaux sociaux. Apple a même récemment ouvert une catégorie « partage de « selfies » » dans sa boutique d’applications américaine.

Aux côtés d’ Instagram (plus de 200 millions d’utilisateurs à travers le monde) ou de Snapchat (dont la base d’utilisateurs est évaluée à 30 millions), sont apparues des applications aux usages bien précis. C’est le cas de Frontback, une start-up californienne, qui a déjà levé 4 millions de dollars et séduit des stars du financement comme le fonds Index Ventures ou SV Angels. Son application permet de prendre un « selfie » et de l’associer au paysage qui apparaît au même moment devant l’utilisateur grâce à la caméra située à l’arrière du téléphone.

Autre concept : celui imaginé par PointGrab, une application développée par une société israélienne qui a reçu un prix de l’innovation lors du dernier Mobile World Congress grâce à son application CamMe. Celle-ci détecte les mouvements de l’utilisateur pour déclencher le « selfie » parfait.

Evidemment, aucune de ces applications n’a encore trouvé son modèle économique. Pas même Snapchat, qui a refusé une offre de rachat de 3 milliards de dollars de Facebook, alors qu’elle ne génère aucun revenu.

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Voies de monétisation

Certaines applications explorent également une monétisation en faisant payer des fonctionnalités avancées, pour éditer une photo ou ajouter un décor ou encore un filtre, comme les blanchisseurs de peau des applications japonaises BihakuCamera ou MoreBeaute.

En Asie, où cette mode de l’autoportrait est, pour des raisons sociales et culturelles, particulièrement forte – Pierre Bourdieu a notamment montré que certaines populations valorisaient non pas la photo en tant que telle mais davantage l’objet représenté, et notamment la personne -, beaucoup de multinationales développent des campagnes marketing centrées sur ces clichés.

source : lesechos.fr

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