L’élevage de gallinacés en ville gagne du terrain. Les jardineries Truffaut ont vendu plus de 20 000 poussins et poules pondeuses ou d’ornement à des particuliers en 2011. « L’activité basse-cour a augmenté de plus de 50 % cette année », précise Pierre-Alain Oudart, chef de produit. « Elle connaît un grand succès dans tous nos magasins en zone périurbaine. » Cela se confirme à Toulouse, Aubagne et Amiens, mais également autour de la capitale, d’Herblay (95) aux abords du Stade de France, à Saint-Denis (93).

En deux ans d’existence, l’entreprise alsacienne Eco-poules a écoulé suffisamment de poulaillers en kit pour abriter 30 000 gallinacés : « Nous nous attendions à toucher des milieux plus ruraux », observe Stanislas de Beaumont, son fondateur. « Mais c’est en ceinture parisienne que nous avons le plus de clients. Et 80 % de nos ventes se réalisent sur Internet. »
De fait, sur le Web, on voit fleurir les échanges d’accros de la crête, soucieux d’offrir un habitat cosy à Poupoule (200 euros pièce en moyenne). Et les fabricants d’abris rivalisent d’idées pour se distinguer sur un marché concurrentiel où dominent les produits à bas coût importés d’Asie.

L’argument économique ne semble pas prioritaire : produire des oeufs moins cher sur son balcon qu’en batterie relèverait de l’exploit. En général, écologie et retour au naturel sont mis en avant.

D’autres, malins, parient aussi sur le design, comme Pousse Créative. Une cabane dont on peut choisir la couleur, avec un espace grillagé pour s’ébattre, une jardinière sur le toit où planter fleurs et aromatiques pour l’aspect campagne en ville, et dont l’entretien est facilité par un tiroir amovible.
Même les créatifs s’y mettent. En novembre, à Nantes, le projet de prospective urbaine baptisé Les Ekovores, imaginé par deux designers industriels autour de la production alimentaire locale, a placé un poulailler détonnant place Graslin…
Crainte de la malbouffe, rejet des élevages industriels, souci pédagogique ou simple compagnie : ce qui pousse jeunes parents et retraités à craquer pour la cocotte n’est guère différent en France et aux Etats-Unis, où la tendance est née.
Contre toute attente, New York, Seattle, Chicago et Los Angeles ont été pionnières dans l’autorisation des poules en ville, et le mouvement s’étend. A Montréal, un Collectif en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD) a lancé en 2010 une pétition pour lever l’interdiction de l’élevage citadin… En France, certains règlements municipaux ou de copropriété peuvent poser leur veto. Mais, de manière générale, les poules en petit nombre sont considérées comme des animaux domestiques, au même titre que les hamsters.
Michel Audureau, grand connaisseur et auteur de Et si j’élevais une poule, à paraître aux éditions Terre Vivante en janvier 2012, conseille toutefois de bannir le coq et ses tonitruants réveils (la poule n’en a pas besoin pour pondre). Puis de veiller au bien-être animal. « Une poule a besoin de picorer, il lui faut de la terre et un minimum de surface. Difficile donc de l’installer sur un balcon, d’autant qu’elles sont sensibles au froid. » Les amateurs d’oeufs choisiront une poule rousse ou une marans et, pour des coques bien dures, lui serviront des céréales. Quand on veille au grain, Poupoule le rend bien !

Via: Le monde 28/12/11 

 

 

 

 

 

 

 

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