Terrorisme, technologie, anxiété… Bienvenue dans les méandres de la Génération K, décryptés par l’écrivaine et économiste Noreena Hertz.

 

Young people standing against each other

Le terme « Millennials » englobe à peu près tout et n’importe qui. Si Noreena Hertz a choisi la dénomination « Génération K », c’est en référence au personnage de Katniss Everdeen du film Hunger Games, qui incarne un bon nombre des qualités qui caractérisent les jeunes d’aujourd’hui.

La génération K a un pouvoir d’achat de 150 milliards € par an en Europe, au Moyen-Orient et aux Etat-Unis, selon Adam Mack, directeur de la stratégie chez Weber Shandwick. Ainsi, un aperçu de leurs qualités et de leurs habitudes de consommation peut être très lucratif pour les marques et les entreprises qui tentent de leur vendre leurs produits.

Trois phénomènes distincts ont façonné la génération K

La technologie. La génération K est une génération ultra-connectée, accro aux smartphone et aux réseaux sociaux.

Le ralentissement économique mondial. La génération précédente est née en période de croissance économique, alors que la génération K a connu le début de la crise financière mondiale en 2008. « Ils ont été façonnés par un environnement d’insécurité de l’emploi, un sentiment d’instabilité vis-à-vis de leur avenir professionnel et des inégalités omniprésentes », a déclaré Noreena Hertz.

Le terrorisme. A l’heure actuelle les jeunes adultes vivent avec en pensant « avoir une existence menacée ». Noreena Hertz explique que même si la plupart des jeunes n’a pas vécu et ne vivra pas d’attaques terroristes, ces derniers vivent virtuellement dans la crainte et la peur.

Cinq traits qui caractérisent la génération K

L’anxiété. Les jeunes nés entre 1980 et 2000 sont profondément anxieux et stressés. Une anxiété due au terrorisme, au changement climatique et à l’insécurité de leur futur sur le plan personnel et professionnel. « 72% d’entre eux ont peur du terrorisme, 64% sont inquiets du changement climatique, 79% doivent trouver un emploi et 72% doivent rembourser des prêts ou des dettes ».

Une méfiance des institutions traditionnelles. « Lorsque vous demandez aux adultes s’ils ont foi en les grandes institutions, 60% répondent oui. Toutefois, lorsque vous posez la même question à la génération K, seulement 6% ont une réponse positive ».

Générosité. « Bien que les adolescents prennent beaucoup de selfies, ils ne sont pas égoïstes. Les jeunes de cette génération n’hésitent pas à être bénévoles dans des évènements ou pour des associations. Par rapport à leurs revenus ils font des dons d’argent plus importants que la génération précédente. 92% pensent qu’il est important d’aider les gens qui sont dans le besoin. Ils se soucient vraiment des inégalités ».

La solitude. En dépit d’être connectée en permanence aux réseaux sociaux, la génération K est profondément solitaire, et ce pas forcément par choix. 80% déclarent préférer parler à des amis en face-à-face, plutôt qu’en ligne. « L’interaction physique devient plus rare dans ce monde numérique, ce qui la rend presque sacrée ».

La créativité. La génération K aime inventer, concevoir de nouvelles choses et utilisent ces choses comme un moyen de se faire entendre et de s’exprimer au sein de la société.

Loin des clichés d’égocentrisme et d’ultra-sociabilité dans laquelles ils sont enfermés, les membres de la génération K souhaitent activement participer à la construction de la société dans laquelle ils vivent. En témoigne le nombre grandissant de makers et d’entrepreneurs, mais aussi les messages qu’ils délivrent à travers leurs activités : c’est une génération qui souhaite produire, créer, en écho au besoin de mêler expériences physiques et digitales, et de laisser sa trace.

Source : L’ADN

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