La chute de la livre sterling met les industriels face à un dilemme : augmenter leur prix ou diminuer la quantité de leurs produits.

Le Brexit s’invite là où on ne l’attendait pas : au rayon chocolaterie. La célèbre marque de confiserie Toblerone a annoncé via sa page Facebook qu’elle réduisait le poids de deux barres en vente au Royaume-Uni en maintenant son prix à l’identique. « Comme beaucoup d’autres entreprises, nous devons faire face à des coûts plus élevés pour de nombreux ingrédients », justifie Mondelez International.

 Une augmentation du prix au kilo de 11,1%

Le fabricant ne cite pas directement la décision des Britanniques de sortir de l’Union européenne. Mais l’effondrement de la livre sterling qui en a résulté a a renchéri les coûts d’importations de certains ingrédients. Résultat : la barre de 400 grammes de Toblerone passe à 360g et celle de 170g tombe à 150g. Ce qui revient à une hausse du prix au kilo de 11,1% ! De plus, l’espace entre deux triangles sera plus large. L’annonce a été faite le mi-octobre mais ce n’est qu’en ce début de semaine que les premiers produits ont été proposés à la vente. Depuis lundi, les Britanniques manifestent leur mécontentement sur les réseaux sociaux en publiant de nombreuses photos.

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La fièvre de la « rapetiflation »

Mondelez International n’est pas le seul à chercher des moyens de compenser l’effet devise. La marque Bird Eye, qui devrait augmenter de 12 % ses prix pour faire face à la chute de la livre, menace de mettre moins de bâtons de poissons panés dans ses boîtes. Idem pour le fabricant de chips Walkers, qui appartient à Pepsico : si les pommes de terre sont bien anglaises, l’assaisonnement est fait à base d’ingrédients importés. Cette stratégie de maintien du prix combiné à une réduction de la quantité est qualifiée au Royaume-Uni de « shrinkflation » (« rapetiflation »). Elle pourrait séduire de plus en plus de marques suite au tollé « Marmite » , un incontournable de la gastronomie britannique, qui a été retiré brièvement des ventes en lignes de Tesco. La hausse de prix imposée par le fabricant de la célèbre pâte à tartiner était jugée inadmissible.

Autre difficulté pour l’industrie du chocolat : la hausse du prix des matières premières. La tonne de cacao échangée à Londres n’a cessé d’augmenter depuis fin 2012 pour atteindre plus de 2.577 livres sterling en juillet avant de baisser légèrement. De quoi craindre une augmentation du prix du Toblerone même au sein de la zone euro?

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Source : Les Echos

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