Le nouveau concept parisien de l’enseigne de proximité repense l’espace restauration, travaille le frais de façon moderne et renforce les touches digitales du magasin pour toucher sa cible de prédilection : les citadins.

Il y avait longtemps que Monop’ n’avait pas proposé de nouvelles moutures. Le dernier concept de l’enseigne, baptisé Next – le nom a depuis essaimé chez d’autres… –, remonte à 2013. Certes, le distributeur avait tenté de faire évoluer l’intérieur des magasins en lançant, dans quelques points de vente franciliens, des minirayons à service. Mais l’initiative n’a pas semblé convaincre… Or, désormais, convaincre devient un enjeu crucial, d’autant plus que ­Monop’ veut monter en puissance sur la franchise : « À ce jour, 75 % du parc est en succursale, mais nous voulons accélérer la franchise », soutient Olivier Rego, directeur des enseignes Monop’.

Démonstration faite avec ce nouveau concept, qui est aux mains du plus puissant master franchisé de Casino : Moez-Alexandre ­Zouari, président de Pro Distribution, en passe de devenir l’actionnaire de référence de Picard. Dans cette ancienne banque reconvertie en commerce alimentaire, au 102, rue Saint-Dominique à Paris (7e arrondissement), le nouveau visage de Monop’, ouvert depuis le 9 octobre, se remarque d’emblée. Un grand bac de plantes aromatiques trône juste devant l’entrée. Tout comme un triporteur électrique, qui peut être prêté aux clients. À l’intérieur, les plantes vertes (fausses, hélas !) sont abondantes, les couleurs claires et les vitres plus grandes. En dehors de l’aspect général soigné, cher à Moez-Alexandre Zouari, Monop’ décline ici les deux principaux thèmes qui composent ce nouveau concept : un espace frais modernisé et des touches digitales savamment distillées.

Travailler les paradoxes

Le magasin de 350 m² s’ouvre sur un espace qui fait la part belle au frais et à la restauration avec, dès l’entrée, une zone dédiée dotée de tables et de chaises, en plus d’une terrasse. L’offre de produits chauds et froids a été revue, l’enseigne n’hésitant pas à sceller des partenariats avec des start-up, comme Seazon qui propose chaque jour un plat cuisiné différent. Au centre, toujours à l’entrée, le stand des fruits et légumes est composé à 50 % de produits bio. « Le frais est amené à faire 55 % à 60 % du chiffre d’affaires », avance Antoine Aussour, directeur des opérations de Pro Distribution.

Suivent 70 références de vrac, toutes issues de l’agriculture biologique, qui se déclinent dans des silos dont la façade du meuble – conçu en exclusivité pour le magasin – permet de les recharger facilement. Des références « saines » (pâtes de légumes, tisanes…) côtoient billes de chocolat et mueslis. « Les urbains sont pleins de paradoxes : ils veulent manger sain mais assument d’être très gourmands, par exemple. On a donc voulu travailler tous ces items à la fois », synthétise Maguelone Paré, directrice concept et innovation pour Monoprix.

À diffuser dans le réseau

Élément inédit pour le frais, une borne Jow, start-up déjà partenaire de Monoprix, propose ici un écran avec des recettes vidéo qui défilent et qui changeront régulièrement. Le client se rend sur un minisite dédié, inscrit l’ingrédient qu’il achète et Jow lui propose des recettes simples à réaliser… Tous les ingrédients sont présentés près de l’écran dans des linéaires frais dédiés à l’initiative.

Autres pépites inédites : des bornes pour connaître le Nutri­score, le rayon vins très soigné, exploité en partenariat avec Le Petit Ballon (filiale de Veepee), et le non-alimentaire qui s’appuie sur son grand frère Monoprix Maison pour le sourcing et l’assortiment.

Un second magasin, situé au 38, avenue Bugeaud (16e arrondissement), ouvert simultanément, toujours par Pro Distribution, complète cette refonte avec, cette fois-ci, un concept dédié à une clientèle beaucoup plus résidentielle. Grande différence : il propose un comptoir/bar dès l’entrée pour la restauration et un rayon vins en vitrine. L’enseigne ambitionne d’ouvrir 10 autres unités similaires d’ici à fin 2020. Certains éléments (recettes avec Jow, espace vins…) seront, eux, développés rapidement dans tout le réseau. 

Source : LSA

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